Le projet du jour : une litanie de Soums au-dessus de Sers avec dans l’ordre le Soum d’Espade d’Arbéouse, le Soum de Nère, le Soum de Coume de Port, le Soum des Tuques de Roques, le Soum de Domy, le Soum de Maillabec et le Soum de Manaout pour 1200 m de dénivelée et 15 kms.

A quinze jours d’intervalle, la liste des sommets n’a pas changé, mais cette fois-ci promis, on va tous les faire.

Réveil toujours aussi matinal – il fait encore nuit – et j’arrive au parking de co-voiturage du stade à Argelès-Gazost, pile au lever du soleil. Aujourd’hui, point de blanc sur les crêtes, un beau ciel parsemé des dernières étoiles, quasiment pas de vent, tous les voyants sont donc au vert et le GO s’est même vêtu de vert pour conjurer un éventuel mauvais sort jeté par Madame ou Monsieur Météo. Les Palois sont déjà au point de rendez-vous et le trio – il y a 2 participants – part donc sans tarder pour Sers avec une certitude : on la suivra cette litanie….

Stationnement à 1300m au carrefour qui conduit aux Granges de Boussie. Aujourd’hui toute monde a bien le piolet, mais au regard des conditions – beau temps et pas de rosée – il est probable qu’on va simplement les aérer sans les utiliser.

Petit briefing : la liste des sommets, les dénivelée et distance à parcourir, un point sur la nature du terrain, et repérage visuel de l’itinéraire de descente…

Nous voilà donc partis pour le premier soum du jour : le Soum d’Espade d’Arbéouse qui culmine à 2161m. Une bonne piste nous conduit aux Granges de Boussie où démarre le sentier, quitté trop rapidement pour attaquer « dret dans la pente » et rejoindre la Hourquette d’Espade où l’on aperçoit le second objectif du jour : le soum de Nère qui aujourd’hui a retrouvé ses couleurs automnales et laisse voir de vagues sentes qui sont elles aussi « tout dret dans la pente ».
De la hourquette, reprise de notre cheminement toujours aussi raide et qui ne s’encombre donc pas de zigs et de zags… pour le plus grand bonheur de nos mollets qui vont manifestement beaucoup travailler et un peu souffrir aujourd’hui, sans parler des débuts d’ampoules pour certain en arrivant au Soum d’Espade d’Arbéouse. Et de un… Il en reste donc encore six.

Direction le Soum de Nère par une descente assez raide pour aller attaquer le « rapaillon » qui conduit au sommet, point culminant de la journée à 2394 m. Et de deux… Plus que cinq. Petit tour d’horizon avec un repérage de la suite de l’itinéraire, puis c’est le début de la descente vers la Crête d’Aulian avec quelques passages où les les mains ne seront pas inutiles et où les pieds doivent être sûrs.
Passage de cette belle crête sans difficulté pour arriver au Soum de Coume de Port que j’ai du mal à situer précisément sur la carte : est-ce la fin de la Crête d’Aulian ou bien le point coté 2116 m où nous nous arrêtons pour la pause déjeuner ? Et de trois… au pied du Soum des Tuques de Roque, notre prochain objectif.
Le soleil est toujours là, le ciel est d’un bleu éclatant, pas de vent, la neige se laisse admire sur les sommets frontaliers : Néouvielle et cirque de Gavarnie saupoudrés, Campbieil et Estaragne revêtus d’un beau manteau blanc immaculé, au point de nous laisser penser que c’est une invitation lancée aux skieurs de randonnée…

Fin de la pause et il faut repartir pour le Soum des Tuques de Roque qui nous domine et toujours la même rengaine : « dret dans la pente »…
Dénivelée vite avalée malgré la digestion, et on prend pied sur la crête -presque plate – qui nous conduit au sommet numéro quatre : ça y est, on en a fait plus de la moitié. Petite descente pour attaquer le Soum de Domy – en mode toutes crêtes – avec 2 ou 3 pas d’escalade sans grande difficulté. Et de cinq… Les deux derniers Soums s’offrent à nos regards et un vautour apparaît, jouant avec les ascendances et venant même nous frôler… peut-être pour nous donner des ailes pour franchir les deux derniers difficultés du jour : le Soum de Maillabec – et de six- et le Soum de Manaout attaqué encore « dret dans la pente ».
Et de sept… Le compte y est. Ouf !
Plus que de la descente : on devine la voiture au loin. On suit d’abord une sente sympathique pour rejoindre la cabane et les maigrelets lacs d’Eres Lagues avant de revenir à du « droit dans la pente » , mais cette fois pour faire travailler les cuisses dans des pentes couvertes de myrtilles et de bruyères. A mi-pente, c’est subitement une explosion de bruissements de cascades et de torrents improbables qui jaillissent de tous côtés – après l’aridité du parcours dans des terres noires – qui se font bien entendre après le silence des soums et crêtes, perturbé uniquement par quelques sonnailles de chèvres sous le Soum Arrouy.
Fin de la descente et retour sur une belle piste qui dessert de belles granges réhabilitées, au milieu d’estives entretenues au point de se croire au milieu d’un terrain golf…

Conclusion : du pur bonheur pour une journée comme je les aime… avec une météo de rêve pour une balade aérienne offrant de magnifiques panoramas, et ce en bonne compagnie.

Au final : 1350 de dénivelée et un peu plus de 12 km parcourus
Le GO du jour: Michel
Les participants du jour : Catherine et Didier.

La trace du jour :

La journée se termine par le traditionnel pot de l’amitié à Luz et ses discussions où on refait le monde ou presque…