Pour ne pas déroger à la mode des trailers, finishers, summiters, les 3 papys qui  » pètent la forme  » et le jeunot de la bande du CAF de Pau partis en goguette du côté du Néouvielle les 16 et 17 avril sont devenus Néouvielleeerrrs….en atteignant le sommet à 3091 m d’altitude sous un soleil presque estival. Il faut bien faire rouler les rrrr…car on est en Bigorre et ça sonne mieux aux oreilles des indigènes. Les malentendants pourraient comprendre, en référence aux vieux mecs de Bernard Boutin, les néovieillards, alors attention à la prononciation si vous ne voulez pas vous attirer les foudres ou l’ire de ces papys.

La veille de la sortie et 8 minutes après la clôture des inscriptions, coup de téléphone d’un participant : on s’inquiète du programme, où dort-on ?,…. En bref, les participants sont en mode speedy-questionnement. L’encadrant, en l’occurence moi, tel Speedy Gonzales et plus rapide que son ombre, dégaine l’email habituel procurant immédiatement un ouf salvateur chez les participants. Le refuge est bien réservé, etc…. Désormais on m’appelle « Maître » mais attention, je risque de choper la grosse tête.

Pour ce qui est de la vieille neige – voir toujours l’article de Bernard Boutin sur le Pic de Néouvielle en boucle – , on en était très loin; il avait neigé la veille et ce devait être une neige particulièrement chargée d’humidité, car une croûte de 2 à 5 cm s’était formée à la faveur d’une nuit bien étoilée au-dessus de 2600 m d’altitude. Donc pas de poudreuse pour cette sortie. Après 2 virages et une gamelle sur un départ la fleur au fusil, j’ai dû faire parler la poudre pour réaliser des virolets convenables pour la photo.

Pour les versants Sud entre 2600 et 2300 m, neige presque de printemps, autorisant suivant l’inclinaison de la pente de belles signatures. La traversée descendante qui suivait dans les pentes Sud de 35 à 40° sous la Hourquette d’Aubert  ne laissait pas place au ski contemplatif : une seule consigne  – vite et avec des distances – sur 300 à 400 m ; le test du bâton confirmait l’analyse car il s’enfonçait jusqu’à la dragonne…et il ne fallait donc pas moisir dans cette neige pourrie.

Un petite corniche s’était formée sur le versant nord de la Hourquette d’Aubert qui incitait à la prudence au regard d’une éventuelle plaque sous la corniche, mais vu l’humidité du manteau ces derniers jours, il n’y en avait pas et le versant était plutôt sympathique à skier.

Mais revenons au J1 avec la montée au refuge de la Glère. Des cônes d’avalanche présents sur le versant Est incite à une certaine prudence et à une observation attentive  durant toute la progression. La brume est malheureusement venue s’en mêler et nous n’avons pu qu’entendre le grondement pas si lointain que ça, d’une avalanche d’envergure derrière notre groupe, venant confirmer le BERA du jour.

Je reviens quand même sur la qualité de l’accueil au refuge même si Bernard a dit l’essentiel: félicitations à Béatrice, la gardienne et à Johanna, son aide, stagiaire d’une semaine. J’aimerais aussi avoir la réponse pour les carottes…

Pour le J2, je retiendrai le rappel à l’ancienne – 35 ans que je n ‘avais plus pratiqué – et la facilité d’apprentissage de la technique par les 2 membres du groupe pour qui c’était une découverte.

Pour le sommet proprement dit, l’accès n’était vraiment pas facile et ce, en raison d’un manteau neigeux particulièrement épais et la descente encore moins d’où la corde pour une sécurité optimum de la collective. La vire en particulier, très chargée, était  à éviter absolument.

Et je m’arrêterai là pour les réflexions du jour sur cette pérégrination néouviellesque…

Les participants speedy de ces 2 jours : Bernard et Patrick et le participant non speedy qui a quand même réussi à casser 2 couteaux en moins de 5 minutes juste sous la Brèche de Chausenque : Jérôme.

Pas de vidéo de secours aujourd’hui pour le plus grand bonheur de tous.